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  • « Véhicules » auto, moto, train, avion et bateau au MIAM

    Le MIAM - Musée International des Arts Modestes de Sète présente l'exposition « Véhicules » du 23 mars au 20 septembre 2015.

    La mer, l’étang, les canaux sont constitutifs de Sète, le MIAM fondé par les artistes Hervé Di Rosa et Bernard Belluc en 2000, pose cette année un regard sur les bateaux en élargissant la thématique aux autres moyens de transports. Après Manille, Séville et le Japon, le MIAM nous invite  « par air, terre et mer  » à découvrir l’exposition Véhicules, auto, moto, train, avion et et bateau. Une reprise de l’exposition La Collection de l'art brut, dont Jean Dubuffet est à l’origine en 1976, du musée de Lausanne, en Suisse.

    A côté des grandes figures de l’art brut, la première grande pièce à l’entrée de l’expo est une œuvre de l’artiste contemporain lyonnais, Benedeto Bufalino. Le propos de Benedetto est de « transformer la banalité des objets en quelque chose d’exceptionnel et d’insolite ». Norbert Duffort, le commissaire, lui a proposé  de faire une œuvre pour cette manifestation. Benedetto a imaginé de construire un bateau qui deviendrait fonctionnel, ancré devant le MIAM sur le Canal Royal : une voiture à l’envers devient la coque d’un bateau équipé d’un moteur. Présentée ici sous la forme d’un Work in Process (travail en cours), l’artiste recherche des financements locaux afin de procéder notamment à l’étanchéité de la carrosserie.

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    www.benedettobufalino.com 

    Guy Rieutort

    PHOTOS 

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    Hervé Di Rosa, Président, fondateur du MIAM

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    Norbert Duffort, Commissaire de l’exposition

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    Sarah Lombardi, directrice du musée de l'art brut lausanne

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    Bernard Belluc, cofondateur du MIAM 

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    François Burland, Tanger Mogador 

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    Hervé Télémaque, Le large 

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    Les frères Linares, Barque aux squelettes 

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    Jean Tourlonias 

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    Collection de 2 CV Citroën Dinky toys, Loulou Nicollin

     

     

  • León Díaz-Ronda

    Article paru dans le Magazine Art dans l'Air (2014)

    http://www.artdanslair.fr

    Photographe-Peintre / Peintre-Photographe

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    León Díaz-Ronda livre un monde rêvé dans un étonnant mélange de photo et de peinture. L’Art dans l’Air a voulu en savoir plus. Rencontre avec un artiste épris de philosophie et habité par la poésie d’Antonio Machado. 

    L’atelier de León Díaz-Ronda se terre en rez-de-chaussée d’un ancien couvent, au centre de Narbonne, à un jet de pierre de la cathédrale et des Halles de style Baltard, où il nous emmènera casser la croûte. Quand il s’adresse à son interlocuteur, c’est d’abord en espagnol comme pour le faire mieux adhérer à sa culture et à ce qui va être dit. Il dispose d’une batterie de citations de Machado qui font l’éloge du Faire. « Caminante no hay camino; se hace camino al andar. Il n’y a pas de chemin, voyageur; le chemin se crée en marchant.  Despacito y buena letra, el hacer las cosas bien importa mas que hacerlas. Tout doucement, ce qui compte c’est la belle ouvrage. Ce qui importe c’est ce qu’on fait et il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. » ajoute León Díaz-Ronda qui s’exprime à présent dans un français suave et chuinté.

    Né au début de la guerre civile à Madrid qu’il quittera en 1966 à l’âge de trente ans, c’est en France qu’il va se consacrer enfin à ce dont il rêvait : l’art. La gravure jusqu’en 1998 puis la peinture et la photographie qu’il pratiquait en amateur en Espagne.

    Octavio Paz le ramène à la photographie

    La philosophie, la littérature et la poésie tiennent une grande place dans l’univers du madrilène. Il doit même à Octavio Paz,  grand poète mexicain, sa pratique actuelle de la photographie. De retour d’un salon à Genève en 1998, année de la mort du poète, il ressentit le désir de lui rendre hommage. C’est en voiture que le procédé de transfert qui est depuis lors sa marque de fabrique, lui est apparu. Dans son atelier d’Uzès, Il allait découper dans un magazine le portrait en noir et blanc de celui qui ressemblait à son père et en faire un tableau. Pour poursuivre cette technique, il allait renouer avec la photographie. 

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    Photographie et Peinture

    Le photographe doit regarder le monde avec l’œil du peintre affirmait déjà Talbot, inventeur du négatif, à la naissance de la photographie, il y a presque deux-cents ans. León Díaz-Ronda fait son miel de cette pensée, il œuvre dans cet aller-retour photographie-peinture. Il est à la fois ce photographe au regard de peintre et ce peintre-photographe. Qu’importe.

    Réalité et imaginaire

    L’œil grand ouvert, passé au papier  de verre, il se balade avec son Appareil Photo Numérique compact, le plus souvent en ville, sans intention ni projet. « L’intuition est la résultante de l’expérience. » C’est en en noir et blanc qu’il fixe ainsi la réalité qui « englobe tout, y-compris l’imaginaire. Au diable la réalité ! » dit-il les yeux fixés sur une de ses œuvres. Au lieu d’opposer réalité objective et réalité subjective, il les fait se rejoindre, illustrant de la sorte la réflexion que l’on prête à Matisse « Un œil fait une photo, le second s’en empare, cet œil-là est dans le cerveau. »

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    Interprétation a posteriori

    Il photographie spontanément, Il interprètera ce qu’il vole à la réalité a posteriori. C’est l’image qui le guidera alors, peu importe qu’elle soit réaliste ou onirique. C’est donc dans la sérénité de l’atelier, qu’il travaille les séries sur le cirque, la ville, le musée, le cinéma qu’il connaît bien.

    Il aime cultiver les contraires par un savant mélange de réalisme et d’étrangeté, de personnages figés, solitaires ou en nombre,  de lumières crues à la Edward Hopper ou de clair-obscurs énigmatiques.

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    Métissage

    Le résultat est surprenant. Il fallait oser rapprocher la nouvelle image venue de la photographie avec des couleurs raffinées. La photo et la peinture se mêlent pour recréer le monde en une image floue, onirique, sans jamais perdre leurs identités propres. C’est là toute l’élégance de ses œuvres épurées, lumineuses, néo-impressionnistes.

    Tomas Paredes, critique d'Art madrilène : « La photographie agit ici comme source d'inspiration, image qu'il faut ensuite altérer au point d'en faire un poème lyrique en couleurs, une Poésie sans poèmes (Octavio Paz), une Photographie sans papier. » 

    Fusion photo-peinture

    Chez l’artiste, il y a de l’artisan, la technique tout droit venue de la gravure et l’intuition, toujours. Il faut imaginer Díaz-Ronda dans son grand atelier sur rue en train de faire ses fusions photo-peinture.

    A l’inverse du peintre, il met d’abord la couleur à l’huile sur la toile ou le bois. Par la suite, Il appliquera le motif travaillé sous Photoshop, en créera l’équivalent d’un négatif de feu l’argentique. Il enlève ce qui l'encombre jusqu’à obtenir une image simplifiée pour en imprimer un tirage dur à la taille définitive.

    Il procède alors au transfert sur le support mais de l’alchimie León Díaz-Ronda ne dit mot. Le procédé chimique c’est sa cuisine. Mystère.

    Après qu’il a transféré la trame figurative, il revient à ses pinceaux, illumine la surface d’une belle richesse de glacis mordorés. De telle sorte que la lumière traverse la couleur en transparence et donne de la profondeur au sujet.

    Le temps du fignolage

    Au moment de quitter son atelier où tout est soigneusement rangé, il devise à nouveau : « Vieillir c’est formidable, on capitalise son expérience, on fignole enfin, à la condition d’arriver à faire, et faire ce qu’on a envie de faire ! Et encore : Il n’y a que l’art pour sortir du consumérisme, du matérialisme dévastateur. Pour finir, il nous rappelle cet aphorisme de Machado : Todo es verdad, el caballito soñado y el caballo de verdad.  Tout est vrai, le cheval rêvé comme le vrai. »

    León Díaz-Ronda est cet artiste, poète, philosophe, libre et sage qui poursuit son rêve. Pour notre plus grand bonheur.

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  • Fête de la Musique

    Après la remarquable Fête de la Musique au Domaine d’Ô, comme tous les jours que Dieu fait, avant d’aller se coucher, il s’accorde un moment pour bloguer, écrire un mini-récit ou quelque menue réflexion puis s’en remet à la Vierge Marie pour la prière du soir. Or ce jour-là, le verbe se fait chair, Marie en personne lui apparaît pour la première fois ! Et quelle personne, une Marie en collants résilles, mini-jupe d’où perce un mini-string et plus haut une chemisette en denim nouée très années 1980 sur un mini-corsage Aubade. Waouh ! Lui l’introverti, pudique à l’extrême en est d’abord extrêmement déstabilisé, choqué, abasourdi.

    L’espace d’un moment, celui de la surprise. 

    Marie vient s’asseoir à ses côtés et là le gars en est non seulement émoustillé mais en devient fada. Je vous salue, Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles… Ce qui confirme l’imposture historique. 

    Il lui propose de prendre un verre sur la place de Mauguio, devant son église, le lendemain matin. Elle accepte. Les bigotes ramassées sur les bancs publics reconnaissent la Reine, Mère de miséricorde et n’en croient pas leurs chapelets, elles en sont illico outrées, décontenancées, indignées. Dévêtue de la sorte Marie fait bien trop pute, avec sa chevelure auburn lâchée en cascade : leur rêve enfoui sans doute. 

    C’est qu’elle n’a pas froid aux yeux l’auguste Mère de Dieu, elle déchire comme une Ladie Ballbreaker, l’AC/DC féminin qui a mis le feu la veille à la Fête de la Zique. 

    Si elle exulte son esprit de ses yeux pleins de bonté elle lui insuffle l’idée du boogie woogie. Il chasse ses principes, les disperse et mate les affriolants atours de la clémente, bonne, douce et désormais débauchée Vierge Marie.

    Voici donc la servante du Seigneur enfin bien délurée, Simone de Beauvoir, Madonna et Patricia, Loren, Blandine, Katia et Cerise les hard-rockeuses AC/DC, sont passées par là.  Bien sur ses deux gambettes, elle a choisi une recette payante à réveiller un mort et surtout à rendre croyant le plus païen des melgoriens : le sexy à outrance. Elle assure le show chaud. Gloire au Père, et au Fils, aux Seins de Marie et aux Ladies Ballbreaker, pour les siècles des siècles. Amen.

    L’histoire ne dit pas ce qu’il advint de la suite mais on peut imaginer ces deux-là heureux, la Vierge qui lui donne son corps au F1 de St Aunès, une image pieuse bien écornée au grand dam des bigotes mais une avancée dans la modernité religieuse chère au Pape François et du Pillement au cœur du blogueur.