28.09.2009

Show Royal

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Veni, vidi la belle dame brune s'engouffrer dans le domaine de Grammont suivie d'une houleuse horde de journalistes. Star sans doute, teint hâlé, mèche apprêtée, haut rose seyant et jupe blanche contrastant avec la tenue terne de ses hôtes et la façade en grès, elle en afficha quelques atouts. Oratrice, sans doute pas, elle n’arriva pas à la cheville du Maître tribun des lieux, lisant son texte, usant des ficelles de la rhétorique populiste commune à trop de bretteurs politiques. Des phrases ponctuées par des accents emphatiques à la cadence métronomique, saluées par des applaudissements mécaniques quelque peu fanatiques... Elle s’employa d’abord à décliner « fraternité » à toutes les sauces en mode majeur, donc insignifiant.

Au-delà du fonds, de la répétition de convictions connues, d’attaques de circonstance, au-delà de quelques annonces venues en seconde partie du discours, « le siècle citoyen, la moralisation hypocrite du capitalisme version Sarkozy » et des primaires socialistes en vue, ce dont la presse se fait l'écho ce matin, je m’en tiens à la surface, au ressenti. Je n’ai pas entendu les intonations nasillardes qu’on lui prête souvent et j'ai trouvé Madame Royal moins arrogante qu'à l'accoutumée et plutôt sympathique. Se démarquant de sa prestation spectaculaire de la première fête de la fraternité, elle fit ce quelle était venue faire : un show attendu par un parterre de militants en l’absence de vedettes et de caciques de la politique, exception faite d’Hélène Mandroux, maire de Montpellier et de Jean-Louis Bianco. Et je regrette de n’avoir pu saluer Delphine Batho dont j’aime bien le travail photographique de son père John… 

 

20.01.2009

Le Nouvel Obs

Le Nouvel Obs 

Le Nouvel Obs, c’était autre chose qu’un magazine : un objet familier, rassurant qui avait fini par occuper une place nécessaire dans sa vie, un rendez-vous attendu, obligé, chaque semaine depuis, depuis ? Depuis les numéros au format du magazine du début, celui des années Pompidou et Chaban. Le Nouvel Observateur qu’on n’appelait pas encore le Nouvel Obs ou l’Obs, signait un statut social, on se sentait mieux chez qui traînait sur la table du salon l’Obs de la semaine, comme à la maison. D’ailleurs, il en avait essuyé des ricanements venus des plus radicaux de ses amis : « un canard de Bobo, des articles illisibles par les gens ordinaires, un mag élitiste, ah elle est belle la gauche Propriétés et Châteaux ! »

Il ne savait pas si c’était le magazine qui était à son image ou l’inverse, en tout cas il y voyait une vraie correspondance, un télescopage heureux. Il en attaquait la lecture avec un rituel immuable qu’une hiérarchie déterminée conduisait de la parole de Jean Daniel, à la plume de Robert Franck, des articles de société d’Yvon le Vaillant aux pages culture, sautant les pages économie, survolant  toujours la rubrique mode de Mariella Righini. Longtemps, le journal s’ouvrit tout seul, offrant à son impatiente curiosité la chronique de Françoise Giroud.

Lorsqu’il apprit son décès dans la moiteur d’un petit matin guyanais, ce fut spontanément qu’il envoya un mail à la rédaction de l'Obs. Spontanément, c’est dire guidé par l’émotion mais avec le désir d’écrire à hauteur de la personnalité de Françoise Giroud. Qui était-il pour s’essayer à faire entendre sa voix ? Qu’importe, il envoya son hommage, s’il le trouve à présent un brin pédant et lyrique, il en conçut quelque orgueil quand il le vit imprimé sur le numéro qui suivit, fiérot aussi du chapeau, jusqu’à la virgule, que le rédacteur lui avait emprunté : « Merci, Madame ».

Ma radio a comme un défaut

Sur le thème de "On savait depuis guy Debord que la société du spectacle était en marche"...

Les journalistes d’une grande radio nationale en sont de purs produits qui interprètent tous les matins une pièce dont l'argument s'écrit avec l'actualité. Le premier d’entre eux nous crie sa suffisance, avec une « véhémence de camelot ».
Il règne en insolent personnage dont nul n’ignore sa vie, ses diplômes, son excellence affichée. Secondé en cela par une consoeur effrontée qui bafouille et se trompe souvent.
La revue de presse est quant à elle déclamée « à tue-tête, dernière syllabe chutant d’un ton qui vous transforme un journal radiophonique en une vraie/fausse comédie musicale ».
Autant de dérives et d’incongruités dénoncées à juste titre par Jean-Claude Guillebaud. « Ma radio a comme un défaut ».

09.10.2008

Gauche/Droite - "Ce soir ou Jamais "

Je me joins au concert de louanges au sujet de l'émission "Ce soir ou Jamais" du 8 octobre 2008. Luc Ferry, Jean d'Ormesson, rompus à l'exercice médiatique ont crevé l'écran, d'ailleurs à l'exception d'un avocat prétentieux et sentencieux, tous les participants ont excellé... De mon point de vue.

Le débat fondamental c'était hier soir ou jamais, c'est... aujourd'hui et toujours (!) de s'interroger sur les notions de gauche/droite et les enjeux de société. Personnellement, je pense, comme Raymond Aron, cité malicieusement par d'Ormesson, que la seule inflexion partisane est "une hémiplégie intellectuelle". J'accuse des penchants naturels droitiers, n'aimant pas le bordel, parallèlement j'aspire à la justice sociale. Des dualités qui sont inhérentes à la vie. Bien des gens me paraissent inscrits dans des schémas politiques et politiciens immuables, or la société, dans sa modernité et dans sa composition composite (surtout à la Réunion) nous invite à réfléchir et dialoguer.

05.11.2007

CAPA et l'Arche de Zoë

A en croire certains, nous serions abusés par une Agence qui, face au fiasco, manipulerait l'info, jetterait le discrédit sur l'Arche de Zozos (cf. Kouchner) et userait de son pouvoir médiatique pour accorder un traitement de faveur à son journaliste et à ses pairs.

S'il faut admettre que la prudence soit de mise face au traitement de l'info, trop souvent vite fait, rentabilité et scoop obligent, CAPA ne participe pas de ces dérives-là et je ne pense pas que l'immersion de Marc Garmirian au plus près des acteurs puisse être associée à quelque projet machiavélique.

01.07.2007

Le cafard de la Play-list

S’il fallait tenter de trouver du sens à l’éviction de Bonnaud, la Play list de France Inter en serait une des clés. La radio file un coton commercial. Le passage à répétition de la fanfare nous colle d’autant plus le cafard que Bonnaud a été sacrifié sur l’autel de l’audimat.

Accro de Synergie, je n'avais pas adoubé Charivari - mais je l'écoutais tous les jours ! - j'y trouvais Bonnaud phraseur et omniprésent. En revanche, la polyphonie pleine d'esprit et d'humour de la Bande fut une réussite. J'ai été un auditeur attentif "pour ne pas dire"... Et voilà qu'ON évoque l'audimat qui condamne l'élitisme.

Où va-t-on ? Je ne pense pas que France Inter qui a viré Hess, Polac, Clark et maintenant Bonnaud donne quelque signe d'avancée culturelle. Calvi fera un magazine comme le fit sans succès Weil, de l'info généraliste encore et encore, on croûle sous l'info et ses dérivés. Il est à redouter que ce départ ne soit le signe d'une nouvelle politique culturelle de la chaîne publique et n'annonce le pouvoir de la Société du Spectacle qui règne partout ailleurs. De quoi donner raison à guy Debord.

De là à franchir le Rubicon et à passer sur France Culture il y a un pas que je franchirai sans doute. A moins que je n'aille là où ira Frédéric Bonnaud.

29.04.2007

Le Grand Maelström politico-médiatique

En ce printemps clément de l'an 2007, la France appela aux urnes ses citoyens pour lui donner un nouvel Être Suprême.

Le premier tour désigna Ségolène et Nicolas. François, médaillé d'argent, en fut contrit. Cependant, naturellement à l'aise dans l'entre-deux, il se prit à jouer les trouble-fêtes...

Dans un quasi-huis-clos, un débat opposa donc Ségolène, plutôt infatuée, convenons-en, à François, plutôt chaleureux, de l'ex-bande à Léo. Que sont ses amis devenus, Léo, Longuet et Madelin, je crois le vent les a ôtés...

Ils tinrent des propos fermes, courtois, dignes. Dont acte. Chacun des auditeurs avait apprécié de sa lucarne.

Chez cette femme du Poitou, François appréciait l'essentiel, ça faisait des conciliabules chez les Sarkottes en courroux... Nicolas, maire des pauvres de Neuilly, éructa à leur endroit quelque médisance "Les 2 bavassent dans les salons d'un hôtel de luxe" et autre incongruité "Moi, je suis près des travailleurs..."

Nicolas et ses clans n'avaient-ils pas la main sur des médias qui excellaient dans l'art de passer la politique à la moulinette de la communication... Le Grand Maelström politico-médiatique.

Cf.
"La Société du Spectacle" de Guy Debord.http://vulgum.org/spip.php?article326 /
"La télécratie contre la démocratie" de Bernard Stiegler http://www.arsindustrialis.org/Members/bstiegler/parutions/telecratie/view 4

17.04.2007

A bon entendeur salut !

Au petit déj., j'écoute France Inter et le journaliste, Patrick Roger m'apparaît, plus que jamais, comme le porte-voix théâtral de la... voix unique.

Qu'on n'échappe pas à Sarkozy n'a rien d'étonnant, c'était déjà le cas "avant" l'avènement. Silence le monde, écoutez France Inter, La différence. Et dans le choix unique, et dans le poids des mots, la séduction de la voix…

Que penser de ces journalistes qui placent leur voix, de Drouelle (dont on sait qu'il cultive par ailleurs la scène) à Patrick Roger, Weill ? Ce sont de vrais comédiens, des parangons de la Société du spectacle.

Mais où sont les voix éraillées de leurs illustres prédéceseurs (Werter, Caloni, Paoli père, Arnaud, Jean-Luc Hess...) comme dans "Good night and good luck" ? Ceux-là en aucun cas ne faisaient du théâtre ! Chez les premiers, l’effet oratoire suscite la méfiance, le doute de « porte-jolie-voix » aux ordres. Chez les seconds, la patine était garante de franchise et d’indépendance.

A bon entendeur salut !

03.04.2007

Désemtubages cathotiques

Le film « Désemtubages cathotiques » projeté en mars, dans le cadre du Forum Social Alternatif à St Paul de La Réunion, fut à juste titre qualifié de pamphlet par le représentant d’un quotidien réunionnais qui eut le courage d’être présent, tout comme le rédacteur en chef de « Témoignages ».

Le débat qui a suivi la projection ne fut pas inintéressant mais il esquiva - à dessein ?- la réelle liberté de la presse, les dérives de l’info-spectacle, y-compris locale...
Or, le film fait apparaître qu’enjeux et objectifs de la presse sont étroitement liés à ceux des annonceurs qui les font vivre.

Conséquence, rentabilité oblige, on procède au traitement vite fait et à bon marché, de l’info. C’est l'avènement du scoop, de l’annonce sensationnelle et les dérives qui s’en suivent. De l’avalanche de Nouvelles du JT, au Talk- show qui discrédite les hommes politiques qui s’y frottent, jusqu’à la Une provocatrice d’un quotidien régional de ce samedi 31 mars. Le télescopage du titre principal « Sexe sans complexe » avec « Le Piton de la Fournaise en éruption » est du meilleur effet, du grand art (involontaire ?) de communication.

Nous serions ciblés (conditionnel de précaution journalistique) comme des consommateurs, traités comme des moutons, manipulés. C’est ce que montre et démontre, sans conditionnel, le film qui nous invite à résister.

Subsistent quelques journaux qui ont encore une liberté et une ligne éditoriale de qualité. Lesquels ? Le Canard Enchaîné et ?
Alternative, radicale celle-là, l’émergence de nouveaux médias Audiovisuels comme TV créole ou ZALEA TV dont Anne Mazauric, sa cofondatrice, nous a dit combien les instances dirigeantes leur… feraient des misères. Rien n’est sûr mais nous aurions quelque raison de le croire !

25.10.2006

La Gazette Libre, l’édile et la démocratie

Balancer sur l’APQR et ses rapports avec les édiles locaux pourrait être considéré comme un exercice facile. Sauf qu'il s'agit de dénoncer des pratiques oligarchiques. (Cf. Le Petit Robert - Oligarchie : régime politique dans lequel la souveraineté appartient à un petit groupe.)

Dans Une Région du Sud, ces fameux édiles qui campent sur leurs petits nuages et dans leur pré carré qu'ils tiennent pour acquis à jamais, font usage de leur pouvoir pour contenir « naturellement » la presse.

Alors que font-ils ces mêmes « élus », comme disent les journaux locaux, quand un journal libre estampillé satirique, mais qui n’a pas les reins solides du Canard, distribue quelques claques, les moque et révèle au passage quelque affaire démocratiquement malhonnête?

Ils la vouent aux gémonies, la traitent de parasite, d’irresponsable et la traînent en justice.
« Pan sur le bec ! » Cancan pour une mort annoncée de « l’Agglo Rieuse ».

Résultat, ils contribuent à creuser le fossé entre eux et les citoyens qu’ils méprisent au point de ne pas imaginer que ceux-là mêmes puissent les sanctionner, ils en seront alors scandalisés bien sûr et les accuseront d’avoir dévoyé la démocratie. « Leur » démocratie qui ne peut s’accommoder de quelque gazette libre alternative, de quelque contre-pouvoir !

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