28.09.2009

Show Royal

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Veni, vidi la belle dame brune s'engouffrer dans le domaine de Grammont suivie d'une houleuse horde de journalistes. Star sans doute, teint hâlé, mèche apprêtée, haut rose seyant et jupe blanche contrastant avec la tenue terne de ses hôtes et la façade en grès, elle en afficha quelques atouts. Oratrice, sans doute pas, elle n’arriva pas à la cheville du Maître tribun des lieux, lisant son texte, usant des ficelles de la rhétorique populiste commune à trop de bretteurs politiques. Des phrases ponctuées par des accents emphatiques à la cadence métronomique, saluées par des applaudissements mécaniques quelque peu fanatiques... Elle s’employa d’abord à décliner « fraternité » à toutes les sauces en mode majeur, donc insignifiant.

Au-delà du fonds, de la répétition de convictions connues, d’attaques de circonstance, au-delà de quelques annonces venues en seconde partie du discours, « le siècle citoyen, la moralisation hypocrite du capitalisme version Sarkozy » et des primaires socialistes en vue, ce dont la presse se fait l'écho ce matin, je m’en tiens à la surface, au ressenti. Je n’ai pas entendu les intonations nasillardes qu’on lui prête souvent et j'ai trouvé Madame Royal moins arrogante qu'à l'accoutumée et plutôt sympathique. Se démarquant de sa prestation spectaculaire de la première fête de la fraternité, elle fit ce quelle était venue faire : un show attendu par un parterre de militants en l’absence de vedettes et de caciques de la politique, exception faite d’Hélène Mandroux, maire de Montpellier et de Jean-Louis Bianco. Et je regrette de n’avoir pu saluer Delphine Batho dont j’aime bien le travail photographique de son père John… 

 

Le syndrome du Titanic

hulot.jpgLe syndrome du Titanic

Film écrit et réalisé par Nicolas HULOT et Jean-Albert Lièvre présenté en avant-première au Gaumont de Montpellier ce 7 septembre 2009

Le titre

Référence à l’attitude des passagers du Titanic qui continuaient à danser et à festoyer sans réaliser la proximité de l’iceberg fatal.

Les auteurs

Nicolas HULOT et Jean-Albert Lièvre se sont rencontrés il y a des années au Costa Rica, un « paradis vert » où l’écologie mais encore la santé et  l’éducation sont des priorités.

Le Film/Les images

Les 3 films, le film D’Al Gore « Une vérité qui dérange », « Home » d’Arthus Bertrand et « Le syndrome du Titanic » sont complémentaires ». « La belle nature » est la grande absente du documentaire. Nicola Hulot taclerait-il « Home », le paradis terrestre menacé de YAB.. ?

Un graphisme superbe, pas « esthétisant » dit Jean-Albert Lièvre. Il n’empêche que j’ai vu la beauté sous le chaos, l’esthétique du cadre, la plastique des sujets, notamment de l’urbanité japonaise : éblouissant !

Bémol

Curieux tout de même que la majorité des images proviennent des quatre coins du monde mais surtout du Japon, du Brésil, des USA, d’Afrique… Quid dès lors du chaos écologique en Europe, en France : L’Europe serait-elle le continent épargné ? Les pays désignés pourraient en faire le reproche à Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre.

Autre réserve

Aux 3/4 du film j'étais si enthousiaste et touché que j'aurais pu applaudir à tout rompre. Si à la fin, à l'image de la salle, je n'ai que mollement applaudi c'est parce que Hulot et Lièvre finissent par en faire un peu trop en répétant le même schéma.

Les sujets

La sortie délirante de l’iPhone à Tokyo, la fête hallucinante et grotesque d’ados japonais, la misère insupportable à Lagos, les « homeless » de LA, les hommes cages en Chine. Les contrastes indécents entre nos sociétés post-industrielles et les pays pauvres. Les premières cassent leurs jouets en les jetant et ce sont les africains, indiens, qui les cassent réellement et manipulent les composants toxiques.

Les skieurs de Dubaï, les tours insensées, rivalisent de gâchis d’énergie, d’inutilité ridicule et côtoient souvent une misère qu’ils méprisent. Les puits de pétrole, les extracteurs de minerais ravagent à jamais des contrées entières.

Les gens, les jeunes notamment, tchattent à la vitesse de la lumière de manière transcontinentale sans jamais se rencontrer.

 

Le Commentaire, la bande son, le montage

Le commentaire intimiste évoque l’inquiétude avec sévérité mais sans rage, il ne sert à rien d’hurler à la vue du constat, il faut analyser, espérer et agir.

Quant au rythme : ça claque comme des coups de fouet.

La  bande son hétéroclite mélange jazz, électro, Mozart, Gainsbourg en japonais, bruits d’aéroports, de métros, de rues et des témoignages courts et percutants (De Gaulle, JF Kennedy, Théodore Monod, Dali, Al Gore…)

Le montage est superbe, juste, précis... artistique.

 http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18918513&cfilm=129802.html

 

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Conférence de Presse 

 « Au départ, on voulait faire un constat de la crise, on a fini par en analyser les effets. »

Le système basé sur une croissance exponentielle est intenable !

Nécessité de s’attaquer au chantier du basculement des régulations.

- Étêter la civilisation du gâchis

La taxe carbone est « chiante mais nécessaire » dixit NH. Le sujet est complexe, l’association Nicola Hulot ONG a donné à lire les textes de loi à 15 000 personnes : avant lecture, 90% des gens étaient contre, après la tendance s’est inversée. Pourquoi ? La plupart pensaient « une taxe de plus », « toujours les mêmes qui paient »

Or, elle sert justement à aider les précaires, qui vont s’y retrouver.

- La crise écologique ne pourra être réglée sur le dos des plus pauvres.

 

L’humiliation vient s’ajouter à l’exclusion et tôt ou tard les pauvres plus marginalisés que jamais vont nous sauter à la figure.

10% du budget mondial militaire suffirait à répondre aux besoins de santé, éducation et il est scandaleux que ce soit l’OMS (Organisation Mondiale du Commerce) qui ait pareille autorité.

- Faire de la sobriété, un nouveau mode vie

Il ne faut pas céder, ne pas se résigner.

Hulot a modifié sa façon de consommer, de vivre au jour le jour, lui qui, comme les gens de sa génération, a été habitué à la vitesse (bagnoles, hélico), à manger de la viande plusieurs fois par semaine, à acheter dans les supermarchés. Il a d’ailleurs réduit le rythme de fabrication d’Ushuaia. Il nous invite à le suivre, à faire de la sobriété un mode de vie nouveau.

Gr/Montpellier 8/09/09

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25.05.2009

Jacques de La Grande Anse

La Gde Motte blogj.jpg

Jacques a la quarantaine et des brouettes. C’est un vaillant, un courageux, un vrai de vrai au boulot, pas un feignant le Jack comme l’appelle Lénine, son camarade syndiqué. 

Vaillant, sauf qu’il a pris des congés de maladie pour la première fois de sa vie au grand étonnement de la patronne de l’entreprise de travaux publics qui l’emploie.

Il l’aime sa ville de la côte. L’Anse du Levant si mâle, celle du couchant si femme, toute en courbes. Balèze, trapu, il est le roi du tracto-pelle et la ville nouvelle lui doit beaucoup.

Ouvrier, il l’est et militant qui plus est... enfin, il suit les consignes de Lénine et à la CGT on rigole pas lors des manifs, les lepénistes de la ville ont intérêt à ne pas mettre leurs Chihuahuas dehors ces jours-là et les plaisanciers à mettre les voiles et fissa ! Ils enragent, les prolos, de devoir entretenir les quais qui conduisent ces marins d’eau douce à leurs superbes bateaux. Les rupins, ça leur met les boules. 

À la nuit tombée, il lui arrive de sortir de son studio-cabine pour flâner en catimini sur ces mêmes quais et de bader les yachts. Il irait volontiers à leur bord, pas pour vivre le grand large, non, non ! Juste pour se payer une virée en Méditerranée et surtout pour glander sur le pont, entouré de play-boys et de super-canons à demi nues. Il les envie ces filles carénées comme Pen Duick.

Un de ces soirs, incognito comme à son habitude, il tomba en pâmoison devant un yatch sur lequel on donnait une fiesta. Il ne put s'empêcher de déclarer à haute voix ses fantasmes de luxe, de voiles et d'accastillage en tout genre. Indifférents à sa verve, les superbes créatures continuèrent à festoyer bruyamment comme si de rien n'était. En revanche cela interpella Lénine qui collait des affiches dans les parages. Il s'apprêtait à dégainer son credo anti-capitaliste archi-rôdé et polymorphe à l'adresse de l'impertinent quand il reconnut la voix du Jack. Abasourdi, Lénine agonit son camarade désormais déchu, le traitant de transfuge. Lui, Jack, trans-fuge !

Cela ne pouvait plus durer ainsi, il devait assumer son penchant pour la voile, les sauteries crapuleuses et le reste, s’adapter, avouer que souvent il voudrait être un autre. Pouvoir se pavaner sans vergogne sur le pont d'un bateau, se marrer, draguer, picoler des Pink lady tout en arborant enfin son élégant fume-cigarette qu'il n'osait utiliser à la ville. 

A partir de l’incident du quai, Jacques mit tout en œuvre pour ce nouveau but et c’est à ce moment-là que le vaillant ouvrier surprit sa patronne en lui adressant un arrêt de travail de 15 jours. Après quoi, il piocha dans ses économies pour transformer sa vie en 2 semaines. Les 2 semaines écoulées, la veille de la reprise du turbin, il obtint un rendez-vous avec une patronne médusée. C’est Jacqueline qui se présenta à la direction de l'entreprise de travaux publics en bas résille, mini-jupe et décolleté bateau. 

- Eh ben voilà, je me suis fait mettre les seins ! Le bas, je l'ai gardé, je suis trans-genre, trans quoi ! 

La patronne eut quelque mal à contenir un fou-rire. Magnanime, elle ne lui fit pas la remarque qui tue et s’engagea à faire taire toute raillerie en négociant auprès de Lénine un pacte de non-agression. 

Pour sa part, Jacqueline promit de « pas les montrer, les seins ! ». Au boulot il serait Jack en bleu de travail. À la nuit tombée, elle serait enfin la reine des soirées des Yachts de croisière de La Grande-Anse. Pas genre mignon en jupons non ! Carénée comme Gina Lollobrigida ou Madonna, maquillée ivoire ou platine selon l'humeur, à géométrie variable quoi ! Et toujours brillant aux lèvres pailleté et bas résille, perchée sur des talons et du monde au balcon, la vraie drag-queen des ponts quoi !

Le contrat fut si bien respecté que pour le 1er mai, Lénine au nom du Comité d'Entreprise, lui offrit sans sourciller Hanami d'Annayaké, un parfum au muguet pour dame.