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  • Rêve de Grand Nord

     

    La loco loca

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      Il faut à tout prix courir tout au nord de la Norvège, voir cette île de l'Antarctique sauvage, sinistre, époustouflante, lui assure-t-on. Et photogénique.

    L’énorme motrice dévale la voie ferrée comme une piste de bobsleigh.

    La locomotive bicolore n’a pourtant rien d’aérodynamique, toute en courbes, perchée sur de gigantesques roues, elle a des airs bonhommes. À son bord quatre ou cinq passagers. Son chauffeur, quant à lui, a des airs de fauve, de profondes crevasses griffent son masque scandinave. 

      La machine enragée fonce dans un vrombissement de fusée, frôlant des silhouettes extravagantes en imperméable qui refusent de s’écarter des rails, inconscientes du danger, comme sourdes à ce qui va forcément signer leur mort. La bête va les happer, les broyer, une tragédie dont il sera le témoin impuissant.

      Le paysage défile au travers des hublots à cent images seconde. Aux fjords majestueux et ténébreux succèdent de fugaces étendues. 

    Les fjords, la bête les pénètre avec fureur. Les étendues, elle les brûle en forçant sa vitesse.

       Il est sonné, abasourdi.

    Elle enchaîne, traverse un autre fjord, retrouve d’autres terres qu’embrasent à chaque fois d’impétueux éclairs, s’engouffre dans un dernier canyon pour ralentir enfin. Elle s’expulse en douceur de la dernière brêche, tel un vaisseau spatial dans la stratosphère, et s’immobilise dans un décor qui le laisse pantois. 

    Point culminant du voyage fou, un écran naturel fait de strates d’une intense tension plastique s’offre à sa vue. Volcans et fjords forment de fulgurants sillons bistre sous un chaos de nuages d’où ne filtre aucun rayon de soleil. Et au-dessus de grosses traces noires entremêlées sont brossées à l’horizontale pour figurer le fleuve des enfers. Un Soulages.

    La photo s’impose, panoramique. Clics-clacs en rafale. Soudain, dans le cadre, une horde de Vikings surgit du magma. A sa tête, le chauffeur de la motrice folle. Haro sur l'intrus, le diable balafré se met à hurler, fonce sur lui, mitraille l’objectif avec d’énormes blocs de lave en fusion quand sonne le réveil.

     Montpellier - 29/03/06

     

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  • VISA POUR L’IMAGE 2013

    photo,visa pour l'image,perpignan,guerre,edgar morin25ème Festival International du PHOTOJOURNALISME

    Perpignan / Du 31 août au 15 septembre 2013

    « L’esthétique nous aide à nous émerveiller et nous permet de regarder l’horreur » (Edgar Morin). Il existe une esthétique de la violence et des atrocités, jusqu’à l'effroyable beauté.

    Depuis 25 ans VISA pour l’image revendique ce double regard au travers de son engagement pour le photojournalisme.

    La tragédie de l’actualité et la liberté d’expression sont dans l’ADN du festival. Pour ce quart de siècle d’existence à Perpignan, Jean-François Leroy, son directeur, n’a pas l’indécence de « faire la fête ». Hélas, l’édition 2013 donne toujours à voir « la paix impossible » (McCullin), la guerre (la Syrie bien sûr, les rues d’Alep), les émeutes, la misère, les fléaux, l'enfermement, la folie.

    À l'exception toutefois des superbes lions de Michel Nichols et surtout du très coloré et surprenant sujet sur les artistes de Kinshasa (Congo) de Pascal Maitre et du délirant Burning Man d'Eric Bouvet : une note bien légère, déjantée et blanche (blanchiment des photos) dans la noirceur et la sinistrose ambiantes. 

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    Pascal Maitre - Kinshasa - (Couvent des Minimes)

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     Eric Bouvet - Burning Man - Nevada - Septembre 2012 - (Théâtre de l'Archipel)

     

    Parmi les autres expos, voici une sélection non exhaustive :

    - Don McCullin, invité d‘honneur. Cinquante ans de photographies, dont certaines cultes et des tirages charbonneux, un magnifique hommage.

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    Don McCullin - Sans-abri irlandais - Londres 1969 - (Egilse des Dominicains)

    - Abir Abdullah, avec « Piège mortel » rend compte des incendies récents  survenus à Dacca (Bangladesh) et des vies sacrifiées sur l'autel du profit pour cause d’insécurité. Des cadrages au poil, superbes.

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    Abir Abdullah - Piège Mortel - Dacca, Bangladesh  - Août 2005 - (Couvent des Minimes)

     

    - Rafael Fabrés / « Pacificacion » : la grande lessive à Rio de Janeiro avant la coupe du monde de foot en 2014 et des JO de 2016. 

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    Rafael Fabrès - Rio 2012 - (Couvent des Minimes)

    - Muhammed Muheisen pour une version de  « Sous le conflit, la vie », l'espoir au cœur des régions dévastées.

    - Vladimir Sokhin et les « Restavèks », appellation en créole haïtien des enfants victimes d'esclavage moderne.

    Au Campo Santo, le 2 septembre, la première projection nocturne en multivision sur écran géant a commencé à retracer les événements les plus marquants de l'année écoulée. J’ai été séduit par la variété des sujets, étonné par l’excellence de certains comme les mouvements underground, bouleversé par les photos des athlètes des jeux paralympiques de Londres.

    Site VISA

    Entrée gratuite du 31 août au 15 septembre / Expositions ouvertes aux scolaires du 16 au 30 

  • Les méandres de la conscience

    Je lis et entends ici et là un rejet en bloc de la modernité et de la politique. Pour la politique et ses renards on verra plus tard.
     
    « Il n’y a plus de littérature », lis-je. Sans doute puis-je partager, en partie, la mise à l'index d'une médiocrité ambiante, celle d'une littérature fille du spectacle et soumise au profit. La bande Musso, Lévi, tout juste bonne à passer à la moulinette du marchand de prose à reluire. Mais de là à tout brûler, tout condamner ! Ce peut être une insulte jetée à la figure du lecteur et un avertissement proféré à celui qui aurait quelque velléité à aligner quelques pages : chante bonhomme mais ne prends pas la plume ou bien sois Onfray si tu te veux essayiste ou García Márquez si tu te veux conteur ! On aurait donc tout dit, tout écrit, ne subsisterait que la pâle répétition. Idem en peinture ainsi que l'exprimait ce pseudo-cycliste et grand imbécile...
     
    Sur les pentes du Galibier ce type, prof de dessin et ami de Calin Sbire, redresseur de rieutorts et de dos, pérorait et affirmait que l'art était mort avec Marcel Duchamp. Point de salut pour Staël, Picasso et l’art contemporain : des imposteurs !
     
    Il n'était qu'à l'observer pour comprendre que tout chez lui signifiait mal-être : sa morgue, sa vacuité pathétique. Il prétendait que l'abstinence valait mieux que la création si celle-ci n'atteignait pas l'excellence. Un aveu d'impuissance et de misanthropie sans doute pour cacher ses lacunes. Au cycliste les assertions excessives, à moi une singularité excentrique d'anachorète bougon...  
     
    Revenons donc à nos bougons. Faudrait s'entendre sur le fond ou n’est pas bougon qui on croit l'être.
     
    Qu'est-ce un bon écrit ? Qu'est ce qu'une bonne photo, à quels critères répond une toile de qualité ? Mes éléments de réponse comme disent nos journalistes TV :
     
    Une bonne photo, en deux mots - Clic Clac - parvient vraiment à capter la vibration du vivant.

    Une bonne toile dégage de l’émotion qui provient des invites que sont lignes et couleurs bien menées. Faudrait reformuler mais j’ai piscine....

    Un bon texte - y’a du complexe dans le contexte - Celui qui écrit le fait par nécessité d’y voir plus clair et de s’amuser comme d’autres vont à la pêche. Des lignes, narratives celles-là, pour comprendre l'amour, les femmes, la solitude, l'incommunicabilité, la religion, la spiritualité, la philo, la politique, la société, la mort donc la vie quoi ! On navigue dans les méandres de la conscience.

    Je pense lire pour ces raisons-là mais je lis peu. En ce moment, je fais durer « L'homme de sable » de mon célèbre voisin, Prix Renaudot en 1975. À Guzargues où il vit depuis des lunes, Jean Joubert semble jouir de l’air et du calme de la nature. Je dois dire que je trouve-là un encouragement à résister à la tentation urbaine.
     
    A suivre (...)
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