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rêve

  • Rêve de Grand Nord

     

    La loco loca

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      Il faut à tout prix courir tout au nord de la Norvège, voir cette île de l'Antarctique sauvage, sinistre, époustouflante, lui assure-t-on. Et photogénique.

    L’énorme motrice dévale la voie ferrée comme une piste de bobsleigh.

    La locomotive bicolore n’a pourtant rien d’aérodynamique, toute en courbes, perchée sur de gigantesques roues, elle a des airs bonhommes. À son bord quatre ou cinq passagers. Son chauffeur, quant à lui, a des airs de fauve, de profondes crevasses griffent son masque scandinave. 

      La machine enragée fonce dans un vrombissement de fusée, frôlant des silhouettes extravagantes en imperméable qui refusent de s’écarter des rails, inconscientes du danger, comme sourdes à ce qui va forcément signer leur mort. La bête va les happer, les broyer, une tragédie dont il sera le témoin impuissant.

      Le paysage défile au travers des hublots à cent images seconde. Aux fjords majestueux et ténébreux succèdent de fugaces étendues. 

    Les fjords, la bête les pénètre avec fureur. Les étendues, elle les brûle en forçant sa vitesse.

       Il est sonné, abasourdi.

    Elle enchaîne, traverse un autre fjord, retrouve d’autres terres qu’embrasent à chaque fois d’impétueux éclairs, s’engouffre dans un dernier canyon pour ralentir enfin. Elle s’expulse en douceur de la dernière brêche, tel un vaisseau spatial dans la stratosphère, et s’immobilise dans un décor qui le laisse pantois. 

    Point culminant du voyage fou, un écran naturel fait de strates d’une intense tension plastique s’offre à sa vue. Volcans et fjords forment de fulgurants sillons bistre sous un chaos de nuages d’où ne filtre aucun rayon de soleil. Et au-dessus de grosses traces noires entremêlées sont brossées à l’horizontale pour figurer le fleuve des enfers. Un Soulages.

    La photo s’impose, panoramique. Clics-clacs en rafale. Soudain, dans le cadre, une horde de Vikings surgit du magma. A sa tête, le chauffeur de la motrice folle. Haro sur l'intrus, le diable balafré se met à hurler, fonce sur lui, mitraille l’objectif avec d’énormes blocs de lave en fusion quand sonne le réveil.

     Montpellier - 29/03/06

     

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  • SMOKE

    Cette nuit, j’ai proposé au chancelier Helmut Schmidt de regarder le Doc d’Arte sur son épopée politique et son amitié avec VGE de 1974 à 1981.

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    Il était ravi et a préféré le visionner sur mon IPhone plutôt que sur l’Ipad. Allez savoir pourquoi ! L’esprit humain est insondable.

    Reparti de mon kaz avec l’Iphone, il m’a promis de le ramener après avoir vu l’intégralité du Doc., sans doute ce soir, or ce soir je dîne chez des amis… De là à ce qu’il s’invite.

    Je pense qu’en qualité de Social-démocrate, il serait le bienvenu. Cela dit, il fume comme un sapeur et je comprendrais que mes potes âgés, soupe au lait et hypocondriaques ne souhaitassent pas qu’il nous enfumât, n'ech-pas ?

    D’autres s’en chargent sans clope ni cigare et enfumer peut tuer ! Nico(tine) en a fait les frais et François aussi, vespa ?

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  • La vache qui rit

    Allá en el camino Real, hay un hombre aparecido, se parece, se parece a Mastroiani Là-bas, sur le chemin Royal, un homme apparaît, il ressemble à Mastroiani. Borsalino forte, veste alegro, négligemment jetée sur l’épaule, il semble flotter sous la frondaison du Paradis. Bon Dieu mais c'est bien le beau Marcello !

    Je m’avance vers lui, lui vers moi.

    - Bonjour Monsieur Mastroiani !
    - Bonjour vous !

    S’ensuivent quelques flagorneries de ma part et ce dialogue d'anthologie :

    Mastroiani : Où allez-vous, comme ça ?
    Moi : Je vais chez Eve me faire opérer.
    - Et de quoi ?
    - D'une dent de sagesse.
    - La dent chez Eve... il sourit, Adam et Eve, capito, capito ! Il rit alors à s'en décrocher la mâchoire,  alore buona fortuna e coraggio !

    Il grimpe aussitôt sur la colline en sifflant, partage une partie de pétanque avec des anges cinéphiles, salue les arbres, flatte les pâquerettes, sourit aux écureuils et aux infirmières, caresse le serpent.

    La dent et Eve pourront attendre, je suis aimanté par l'illustre comediante que je rejoins illico presto. Et là, je n'en reviens pas de voir ce que je vois, d'entendre ce que j'entends !

    Pénélope Cruz est sur ses genoux, la pulpeuse Pénélope Cruz ! Elle lui offre une fine lamelle de Jabugo, lui susurre à l'oreille : « Vous avez dû en croquer des pommes et en faire roucouler des dulcinées, Marcello ! » Puis à l'instant où la jamona va lui donner un long baiser torride, il sourit, puis rit à nouveau à s'en décrocher la mâchoire. Et cette fois, que voit-on, Péné et moi : une dent, puis deux, puis six plombées... de portions de vache qui rit !

    La belle Pénélope s'éjecte sur-le-champ et l'image mythique de Marcello tombe dans l’abîme tandis que la vache rit. L'image mythique de Marcello tombe dans l’abîme, la vache rit et rit et Tony Camargo me délivre de l'enfer en m'extirpant de ma somnolence Allá en el camino Real, hay un hombre aparecido, se parece, se parece...

     

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    Montpellier 2004