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  • La roue tourne / Un autre monde est possible

    Libre Abrégé…

    de « Un autre monde est possible » de Jean-Claude Guillebaud

    Pas de crise mais une mutation gigantesque

    La crise serait un état passager ce qui sous-entend qu’on renouera avec la croissance, avec le chômage à 4 % etc., c'est évidemment faux.

    Révolution sociétale / Nous vivons en réalité 5 mutations qui s’enchevêtrent, interagissent les unes sur les autres.

    Mutation géopolitique / Le monde tel que nous l’avions toujours connu n’existe plus, il est aujourd’hui décentré.

    2 La mondialisation / Un Bien et un Mal. Des millions de gens ont pu sortir du sous-développement mais elle constitue une menace pour l’Europe puisqu’elle a notamment pour effet d’accélérer sa désindustrialisation.

    Et que font Droite et Gauche ? Ils veulent réguler la mondialisation. Affligeant d’autant que, pour y parvenir, ils multiplient les concessions (avantages fiscaux, droit social moins contraignant) et détricotent le code du travail pour rendre à nouveau la France compétitive. Or, la mondialisation nous oblige à refonder notre système actuel pour parvenir à un nouvel équilibre démocratique.

    3 Le numérique / Le sixième continent / il y a 7 milliards d’habitants sur la Terre et 5 milliards de téléphones portables. Presque tous les habitants de la Terre sont connectés, non seulement au téléphone mais, avec l’explosion des smartphones, à Internet.

    4 La révolution biologique / Nous avons mis la main sur les mécanismes de la vie, un bouleversement gigantesque, porteur de promesses et d’avancées médicales.

    La mutation écologique / On assiste à la diminution irréversible des réserves de manière alarmante, à tel point que si dans 10 ans les Chinois avaient autant de voitures que les Américains par 100 000 habitants, la seule Chine consommerait toutes les réserves pétrolières du monde. cf. Le syndrome du Titanic.

    Synthèse

    Ces 5 mutations expliquent un immense basculement de notre société. Aussi important que la fin de l’Empire romain ou que la Renaissance.

    Retour à la philosophie / Selon Michel Serres, la révolution sociétale que nous connaissons aujourd’hui serait aussi importante que celle du néolithique. Il nous faut donc réinventer un mode de désignation du monde. Ce qui explique sans doute que nous assistions à l’heure actuelle à un regain d’intérêt pour la philosophie.

    Mieux vaut être idéaliste que cynique / « Le pessimiste se condamne à être spectateur ». Goethe / Il y a une réelle désaffection pour la chose publique qui prend la forme de l’abstention, ou du populisme d’extrême droite ou d’extrême gauche, ce qui constitue un réel danger pour les sociétés.

    Divorce entre la Politique et la Société civile / On le voit bien en France, le discrédit jeté sur nos dirigeants qui semblent être Hors Sol est flagrant et de plus en plus, via les réseaux sociaux notamment, la socité civile s'organise, réagit. Il y a partout divorce entre la politique officielle, les partis, les syndicats, les institutions et la société civile qui invente, qui projette, qui fuse… Des pays comme le Viet-Nam émergent de manière incroyable malgré un régime archaïque. La révolution arabe est un bel exemple de ce nouveau contre-pouvoir ou encore le mouvement des Indignés, à sa mesure.

    L’Espérance / Selon Saint Augustin « a fabriqué 2 beaux enfants : la colère devant l’injustice du monde et le courage de le changer. »

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  • Rêve d'altitude

        Le cœur au bord des lèvres, le piège. Je dois à présent tenir mon engagement. Va savoir ce qui m'a traversé l'esprit, l'âme, à supposer que j’en aie une. Putain,  pourquoi une fois encore. Névrose des destins. Je le savais, le voyais, tiens gros comme un camion cet obstacle à chaque fois reconnu, calibré, jugé hostile et dangereux et à chaque fois affronté. Comme un défi maintes fois lancé et systématiquement perdu. Comme une promesse politique : toujours engagée, jamais tenue. Une prophétie autoréalisatrice : une catastrophe provoquée à sa seule annonce. Comme une défaite annoncée, comme un amour mort dans l'œuf pour cause de cynisme, mais recommencé. Toujours recommencé. Tristement, bêtement. Comme un mensonge obligé. Comme pleurer en épluchant des oignons. Inévitable. Le bide, le vide.

        Je me retrouve sur la terrasse de cet appartement somptueux de 3300 m2 et de 5 étages, perché à 170 mètres au sommet de cette tour à Monaco. Je me tiens à distance de la balustrade, du précipice, je ferme les yeux. Je vais vivre ici avec elle en fermant les yeux en permanence ! S'il le faut, pour elle je le ferai, en masquant ma peur. La peur de ce vide-là, malgré mes prouesses de funambule autour de mes 10 ans. Pas un arbre dont je n'aie alors entrepris l'assaut jusqu'à sa cime, pas un pont dont je n'aie défié le parapet. Sans doute pour les filles qui allaient se pâmer en observant l'exploit. Sauf que ma témérité s'est diluée au fil des ans jusqu'à la phobie des balcons. Disparue l'audace, virée par la trouille la plus lâche face au vide. Pourquoi mais pourquoi donc suis-je là comme un con ! Pour lui plaire sans doute. J'ai dû lui promettre d'acheter cet appart, le plus cher du monde. Or, je ne suis pas sûr d'avoir la thune, 300 millions d’euros, faut voir... Ce dont j'ai la certitude c'est que j'ai le vertige. Crétin. Pleutre.

        Tachycardie. J'ouvre un œil, inquiet. Il doit être très tôt. 3h au réveil, 4h sur l’Iphone. Tiens, on a changé d'heure.   

                                                                                                                                        Guzarges, 31 mars 2013                                      

  • PARFUM D’AVENTURE ET D’OVALIE / SCENARIO (Grande ou Tort)

     PITCH

    Histoire courte. 2 Personnages. Séquences cadrées classique : tableaux. Couleurs sixties, « Déesse 21 & Arts Ménagers/Vintage » en 8mm IPhone. Intro en off :

    « Ce dimanche matin-là, comme tous les dimanches, le visiteur se rend chez son ami pour échanger anecdotes et aventures vécues sous leurs soleils respectifs..."

    SCENARIO

    1. QUAI TRAM PLAN CABANE. EXT/JOUR 

    Travelling Avant suivi de Panoramique sur quartier Figuerolles,TATI. 

    VISITEURsort de la rame, l'air conquérant, démarche mal assurée.

    2. IMMEUBLE. SEUIL APPARTEMENT. INT/JOUR

    VISITEUR, sonne à la porte puis grimpe péniblement les étages, marquant une pause sur chaque palier.

    HÔTE, l’attend, porte ouverte. Goguenard. 

    Salut l'ami, tu souffles..! T’as pris le Trinh ou l’aqueduc ?

    3. IMMEUBLE. APPARTEMENT. INT/JOUR

    Iphone fixe. Champs-contre-champs.

    VISITEUR, la voix pâteuse.

    Comment tu sais ! C’est bien à cause de l’eau, putain j’aurais dû éviter hier soir...  Faut dire que la totoche des français à Dublin m’a bien plombé, ils ont pris l’eau et la cuillère de bois et moi la gueule.

    HÔTE, navré et sensible au dépit du visiteur dominical. 

    Ti Punch, Daïquiri ou Mojito ? Et si ton TRAM Duc avait joué, c’aurait été la déroute ! 

    VISITEUR, soulagé tant il redoutait la Salvetat mais agacé par la mauvaise foi du propos Trinhducphobe.

    Mojito merci ! Tu devrais embaucher Michalak Para ton Tadelakt, il va se retrouver au chômage ton Michalak des cygnes  !

    HÔTE, hilare.

    Qu’importe le rugby, pourvu qu’il y ait du rhum ! Ovale du rhum pour ton home, t’en feras une cas’ sensas !

    VISITEUR, revient au rugby, exalté par le récit d'un souvenir exotique.

    C’est jour de rugby et je suis en Amazonie, avant de glisser jusqu’à Papaïchton-Pompidou, à une heure de pirogue de là, je fonce chez Dédée, tenancière de l’épicerie-bordel. France-All-Blacks à Maripasoula, malgré la déconfiture annoncée ça ne manque pas d’allure ! L’exaltation retombe quand on m’explique qu’on ne reçoit pas TF1 à Maripasoula. Le lendemain, je me retrouve à Elahé chez les Indiens Wayana, à trois heures en amont. Plus de France-All-Blacks, que de l’Amazonie, l’Aloukou et le Taki-Taki. Et soudain, j’apprends par l’homme qui le tient de l’homme qui connaît l’homme qui a écouté RFI que le monde de l’ovalie bleu-blanc-rouge, comme le drapeau de la gendarmerie fièrement dressé face au Surinam, a triomphé du monstre Néo-Zélandais...

    HÔTE, rêveur et malicieux.

    Mi connais une Dédée... Mi dis à ou, la tantine ça lé un cafrine do fé !  Je te le dis, elle a le feu aux fesses la Cafrine ! (Réunionnaise d'origine africaine ou malgache).

    VISITEUR, amusé, la voix très pâteuse.

    Merci pour les parfums d’aventure, je rentre en pirogue, c’est plus sûr. 

    4. QUAI TRAM PLAN CABANE. PIROGUE. EXT/JOUR

    Plan fixe.

    Un jeune Boni, boule à zéro et bec doré, sortant de chez Tati, prend place à côté du visiteur du dimanche, suivi par un kinésithérapeute redresseur de dos et de torts, un clapvidéophile margeridien, un ex-Enjoy sans joie, un Don Quichotte sans son Pansa, un loup de mer grillé, Dédée en personne… A la manœuvre de la pirogue : FrançoisTrinh-Duc !