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  • Non mais allô quoi t'as un smartphone, tu dis pas bonjour !

    Ce qui est censé nous rapprocher nous isole.

    J'ai en tête l'image de stagiaires qui, à la pause, fument, échangent, dialoguent, se parlent... quoi !

    J'imagine les mêmes à présent, indifférents au groupe et moins nombreux à fumer, qui prennent leurs quartiers privés, se collent le téléphone à l'oreille ou tapent sur le clavier du smartphone. Dans l'intimité avec l'interlocuteur lointain, à mille lieues du voisin. Proches du distant, distants du proche.

    Et en tout lieu public c'est ainsi, dans les transports, salles d'attente, terrasses de café, restaurants... 

    Tel quidam qui soliloque est en réalité connecté à internet mobile, on peut imaginer qu'il communique su... l'incommunicabilité avec un correspondant se trouvant à Buenos Aires ou à Pétaouchnok. Tout entier tourné vers son écran, hermétique à son environnement réel. On savait que le travail, selon Marx je crois, aliénait l'homme, il en va trop fréquemment de même pour cette nouvelle forme de communication qui asservit bien de nos contemporains et les prive d'une part d'humanité simple.

    Non mais allô quoi, t'as un smartphone, tu dis pas bonjour !

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  • Les réseaux de la colère

    Un constat : le déficit de souffle et d’autorité

    Il y a, de mon point de vue, chez ceux qui nous dirigent ou qui ont vocation à le faire, un déficit de souffle et d’autorité, une absence de pensée au sens philosophique du terme. Notamment chez les politiques technocrates qui développent un système de pensée qui en fait des gens « Hors sol ». Il manque chez eux une hauteur de vue qui mette en perspective des buts d’abord, ensuite les moyens pour y parvenir.

    Qui n’en manquait pas de souffle et d’autorité ? Frêche évidemment qui nous en administre, par défaut et post-mortem, la démonstration. Que sont les Frêche, De Gaulle, Mitterrand, devenus ? 

    On ne sent pas de souffle, pas de pensée révélée, marquante chez Hollande/Ayrault. La « chute » de Hollande proviendrait peut-être pour partie de cela.

    Si nos politiques étaient respectueux du peuple qui les a élus, ils devraient laisser filtrer des ambitions humanistes, mettre en avant la pensée. Il est vrai, comme le souligne Michel Serrres, que les meilleurs d'entre nous ne sont pas en politique. Trop d'entre eux usent en revanche de cynisme, ras le bol des DSK, Cahuzac et consort. Les élus technocrates, Enarques, sont sans doute utiles aux commandes techniques précisément, pas à la tête des ministères et de l'état ! Hollande lui-même est un Enarque. Que connaît-il de la vraie vie, il a évolué en Enarchie sans savoir planter un clou... Dans sa dernière intervention télévisée, il a essentiellement évoqué des sujets économiques, bien éloignés des attentes du pékin moyen auquel il a pourtant su s'adresser afin qu'il le hisse tout en haut, il y a un an. Il lui avait alors beaucoup promis. 

    Un but : l’Alternative

    Ceux qui nous dirigent aujourd'hui ont définitivement opté pour la gestion d’un pays comme celle d’une entreprise ! L’économie a pris le dessus sur l’humain, la société est au service de la finance quand ça devrait être le contraire, et l’axiome est qu’il n’y a pas d’alternative, que la crise est inexorable. C’est un peu comme si, sachant que l’homme est mortel, on lui administrait des antidépresseurs afin qu’il oublie son triste sort, et ce jusqu’à ce que mort s’ensuive. Or, des voix s’élèvent et disent qu’un autre monde est possible, des voix utopistes ?

    Des moyens : les réseaux de la colère

    Une riposte émerge, au travers des Think tanks et surtout des médias numériques. Un contre-pouvoir face aux experts, en dehors des partis politiques, est désormais en passe de menacer l'invulnérabilité des politiques.

    Les premiers, les Think tanks ou laboratoires d’idées, alimentent le débat par des travaux plutôt confidentiels. Les seconds, les médias numériques, constituent une vitrine très exposée sur la toile : les Sites d'Information (Rue 89, Mediapart, Investig'Action, etc.), les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) et les Blogs. Ces derniers permettant l’expression de tout un chacun qui a la possibilité et le droit de participer au débat. Une liberté individuelle nouvelle au coeur de la modernité.

    Soyons des citoyens actifs dans ce débat et cessons d‘écouter le canal unique des commentateurs obligés de nos hommes politiques* qui n’ont, pour bien d’entre eux, comme véritable objet que l’enrichissement personnel et le pouvoir, surtout le pouvoir : la jouissance de dominer les hommes.

     

    *Les roitelets, les renards et les loups, qui "ayant beaucoup pu, ont peu osé" (Albert Camus)

     

     

  • Les 3 Grâces

    Au commencement étaient 3 déesses, les Primaires. Mme Bleue, Mme Jaune, Mme Rouge. De leurs unions naquirent les Secondaires puis les Tertiaires.

    Je connais un peu ces 3 Grâces et vais vous en dire quelques mots.

    Mme Bleue qui vit qui en Méditerranée a pour voisine Mme Jaune qui habite St Trop. Mme Rouge quant à elle réside à Séville, elle est l’amie intime de Babel et Paco.

    Madame Bleue, on le sait, a du pur sang royal. C’est la Course au large qu’affectionne la dame, elle porte un Céladon quand elle part en mer. Mme Jaune en revanche n’aime rien d’autre que bronzer à la plage en attendant l’amor. Mme Rouge, cette idiote, a tendance à hanter les rayons des supermarchés, elle adore consommer. Par bonheur, Mme Rouge se vêt, se voit, se vit en Pénélope Cruz quand elle se la joue jamona.

    Souvent, toujours peut-être, Mme Rouge est bondée d’énergie, Mme Rouge est chaude, eh oui, il faut le dire ! Mme Bleue est bien froide, elle a la trouille au ventre et garde ses distances au contraire de Mme Jaune qui n’a pas froid aux yeux et exulte.

    Il faut voir Mme Rouge danser le Flamenco, Mme Bleue quand elle lève furtivement le feston et l’ourlet et Mme Jaune à midi quand elle pique sans vergogne !

    Le lieu de prédilection de Bleue après un long voyage c’est l’Outre Mer, allez savoir pourquoi. Rouge adore son pays qu’elle ne quitte jamais, l’Espagne est son Monde, Séville est sa conquête. Jaune adore La Camargue sans doute pour Van Gogh.

    Souvent, les créateurs, Dieu dit-on le premier, mélangent les 3 Primaires. Naissent de ces ébats de belles Secondaires. Mme Bleue lutine Mme Rouge pour un Violet consentant, puis Mme Rouge flirte avec Mme Jaune pour un Orange tonique tandis que Mme Bleue, sans doute très jalouse, éjecte Mme Rouge et embrasse Mme Jaune à bouche que veux-tu et fait sourdre un Vert à repeindre un printemps.

    Afin de moins claquer, les 3 osent se mixer. Mais il y a grand danger à se neutraliser jusqu’au marron sans nom. Alors pour gagner l’élégance, elles négocient entre elles, s’échangent les pigments, élisent une dominante. Souvent Mme Rouge, écarlate ou Carmin emporte la palette mais d’autre fois Mme Bleue renverse la tendance quand Mme Jaune lui en laisse le loisir.

    Les 3 Primaires aiment Matisse qui leur fait des parures à fleurs. Il a le fil à plomb dans l'œil ce Matisse, il ajuste la robe qui souligne leurs courbes mais tout en retenue.

    Picasso, moins pudique, s’adresse aux Secondaires, d'un énergique trait il leur fait des avances, ôte leurs oripeaux, triture leurs pigments, les enserre dans les rets de sa géométrie. 

    Chez Staël, Il y a du merveilleux chez Staël qui convie les beautés pour mieux les malaxer, il les peint à mille tons, il en fait des Tertiaires, les mélange à l’envi pour des gris crapuleux et si subtils qu’elles en sont rompues, métamorphosées et sublimes.