05.11.2007

InsomnieS

- Allô, Radio Psycause ?
- Bonsoir Jean-Claude, les auditeurs vous écoutent…
- Pardon, je m'étais assoupi après mon appel y' a une heure à… à cause des séquelles de l’anesthésie. C’est que je me suis fait opérer d'un genou y’ a 2 jours, alors quand vous m'avez rappelé pour causer dans votre émission "Oisifs de nuit", que j’écoute de longue vu que je dors jamais, je suis tombé du lit sur ce putain de genou. C'est l’enfer mais bon comme je le disais à la dame...

J'ai 45 balais. Un cancer a emporté mon père en huit jours, il est mort jeudi dernier, à 65 ans. J'adorais mon père. Ma mère est morte écrasée par son tracteur, j'avais 4 ans. J'adorais maman, j’ai beaucoup souffert de son absence et j'ai refusé que mon père refasse sa vie. Insomniaque comme moi, il écoutait Psycause chaque nuit depuis le décès de ma mère.

Je suis dans un divorce très douloureux depuis 2 ans, ça ira mieux la semaine prochaine après la commission de surendettement. J'adorais ma femme… Elle est partie avec Gérard, c’était mon pote le Gérard.

Je voulais pas la remplacer la Ginette mais vendredi dernier à la mairie où j’étais venu déclarer le décès de mon père, j'ai craqué pour la personne responsable du bureau. Elle m'a conseillé de le faire incinérer, ça tombait bien, j’avais une petite urne à la maison et puis Dominique, c'est son prénom, m’a fait du gringue.

- Allô Psycause ? J'allais oublier... Dominique manque pas d'attentions et m'a fait promettre de porter toute ma vie l'urne de papa en pendentif. Dominique est plus jeune de 20 printemps, c'est pas un problème, ce sera que du bonheur quand on vivra ensemble... Enfin ! En plus, il est beau comme un tracteur et je vais l’adorer comme un père. Putain, mon genou !

La dent et Eve ou La vache qui rit

J'aperçois Mastroiani s’avançant sur le chemin, Borsalino forte, veste alegro, négligemment jetée sur l’épaule.
Je m’avance vers lui, lui vers moi.
- Bonjour Monsieur Mastroiani !
- Bonjour vous !
S’ensuivent quelques flagorneries de ma part et ce dialogue inoubliable :
Mastroiani : Où allez-vous, comme ça ?
Moi : Je vais me faire opérer.
- Et de quoi ?
- D'une dent de sagesse.
- Oh, alore bonne chance et courage !

Il grimpe aussitôt sur la colline en sifflant, partage une partie de pétanque avec des cinéphiles, salue les arbres, flatte les pâquerettes, sourit aux écureuils et aux infirmières.

Le chirurgien pourra attendre, je reviens vers l'illustre comediante. C'est alors qu'à ma grande stupéfaction, je le retrouve avec Eve Angeli sur ses genoux lui susurrant à l'oreille : « Vous avez dû en faire craquer, Marcello ! »

Et lui, faussement modeste sourit à l'ange, laissant apercevoir une dent, puis deux, puis dix plombées de portions de vache qui rit..!

L'image mythique de Marcello tombe dans l’abîme, je cauchemarde, la vache rit et Eve craque. Le mythe tombe, je cauchemarde, la vache rit et Eve craque.

CAPA et l'Arche de Zoë

A en croire certains, nous serions abusés par une Agence qui, face au fiasco, manipulerait l'info, jetterait le discrédit sur l'Arche de Zozos (cf. Kouchner) et userait de son pouvoir médiatique pour accorder un traitement de faveur à son journaliste et à ses pairs.

S'il faut admettre que la prudence soit de mise face au traitement de l'info, trop souvent vite fait, rentabilité et scoop obligent, CAPA ne participe pas de ces dérives-là et je ne pense pas que l'immersion de Marc Garmirian au plus près des acteurs puisse être associée à quelque projet machiavélique.