20.01.2009

Le Nouvel Obs

Le Nouvel Obs 

Le Nouvel Obs, c’était autre chose qu’un magazine : un objet familier, rassurant qui avait fini par occuper une place nécessaire dans sa vie, un rendez-vous attendu, obligé, chaque semaine depuis, depuis ? Depuis les numéros au format du magazine du début, celui des années Pompidou et Chaban. Le Nouvel Observateur qu’on n’appelait pas encore le Nouvel Obs ou l’Obs, signait un statut social, on se sentait mieux chez qui traînait sur la table du salon l’Obs de la semaine, comme à la maison. D’ailleurs, il en avait essuyé des ricanements venus des plus radicaux de ses amis : « un canard de Bobo, des articles illisibles par les gens ordinaires, un mag élitiste, ah elle est belle la gauche Propriétés et Châteaux ! »

Il ne savait pas si c’était le magazine qui était à son image ou l’inverse, en tout cas il y voyait une vraie correspondance, un télescopage heureux. Il en attaquait la lecture avec un rituel immuable qu’une hiérarchie déterminée conduisait de la parole de Jean Daniel, à la plume de Robert Franck, des articles de société d’Yvon le Vaillant aux pages culture, sautant les pages économie, survolant  toujours la rubrique mode de Mariella Righini. Longtemps, le journal s’ouvrit tout seul, offrant à son impatiente curiosité la chronique de Françoise Giroud.

Lorsqu’il apprit son décès dans la moiteur d’un petit matin guyanais, ce fut spontanément qu’il envoya un mail à la rédaction de l'Obs. Spontanément, c’est dire guidé par l’émotion mais avec le désir d’écrire à hauteur de la personnalité de Françoise Giroud. Qui était-il pour s’essayer à faire entendre sa voix ? Qu’importe, il envoya son hommage, s’il le trouve à présent un brin pédant et lyrique, il en conçut quelque orgueil quand il le vit imprimé sur le numéro qui suivit, fiérot aussi du chapeau, jusqu’à la virgule, que le rédacteur lui avait emprunté : « Merci, Madame ».

Ma radio a comme un défaut

Sur le thème de "On savait depuis guy Debord que la société du spectacle était en marche"...

Les journalistes d’une grande radio nationale en sont de purs produits qui interprètent tous les matins une pièce dont l'argument s'écrit avec l'actualité. Le premier d’entre eux nous crie sa suffisance, avec une « véhémence de camelot ».
Il règne en insolent personnage dont nul n’ignore sa vie, ses diplômes, son excellence affichée. Secondé en cela par une consoeur effrontée qui bafouille et se trompe souvent.
La revue de presse est quant à elle déclamée « à tue-tête, dernière syllabe chutant d’un ton qui vous transforme un journal radiophonique en une vraie/fausse comédie musicale ».
Autant de dérives et d’incongruités dénoncées à juste titre par Jean-Claude Guillebaud. « Ma radio a comme un défaut ».